
Lorsque l’Égyptienne Souad Ibrahim Mohamed, âgée de vingt ans, a mis au monde un enfant le matin du 19 novembre 1954, elle ignorait qu’il deviendrait le cinquième président de l’Égypte.
Elle espérait le voir médecin ou ingénieur, mais le destin en a décidé autrement : son fils, qu’elle avait appelé Abdel Fattah, a été élu président à une quasi-unanimité.
Les informations disponibles sur la mère du président, décédée aujourd’hui lundi, sont limitées, conformément au souhait de son fils. Selon un cousin, Sissi s’opposait fermement à toute apparition de sa famille devant les caméras ou sous les projecteurs, y compris de sa femme et de ses enfants.
Hajja Souad vivait avec son époux Saeed El-Sissi au troisième étage de la maison bâtie par le grand-père du président, Hajj Hussein Khalil El-Sissi, au numéro 7 de l’impasse Al-Barqouqiyya, près de la rue Kharnafesh. Celle-ci longe la rue Al-Muizz li-Din Allah Al-Fatimi dans le quartier d’Al-Gamaliya, au sud du Caire.
Elle a eu huit enfants : trois fils, Ahmed, Abdel Fattah et Hussein, et cinq filles, Zainab, Rida, Fareeda, Asmaa et Busi.
Abdel Fattah El-Sissi se considérait chanceux d’avoir cette mère et disait aux médias égyptiens, pendant ses campagnes présidentielles, être fier d’elle. Il la décrivait comme très sage et pieuse, et ses yeux s’emplissaient de larmes lorsqu’on l’interrogeait à son sujet.
Quand son nom a été évoqué dans un entretien à Al-Masry Al-Youm, ses yeux ont brillé de larmes au souvenir de sa prière : « Que Dieu te protège de tout mal. »
Sissi reconnaît le lien très fort qui l’unit à sa mère. Après avoir lu la déclaration du 3 juillet annonçant la fin du pouvoir des Frères musulmans, il est allé la voir. Interrogé sur ses paroles, il a répondu : « Ma mère a atteint un âge qui ne lui permet plus de suivre les événements, et je suis très attaché à elle. C’est une Égyptienne authentique dans tous les sens du terme ; elle m’a appris à m’en remettre à Dieu et à accepter le destin. »
Évoquant son influence, il a déclaré : « Elle m’a appris l’impartialité. La première chose que j’ai apprise a été de juger sans parti pris, ce qui a accru mon amour, mon respect et ma reconnaissance envers elle. Elle m’a instruit et, même aujourd’hui, malgré son état, elle continue de m’apprendre. »